Pays visité du 27 août au 25 septembre 2019
Quinzième chronique de notre 14 mois en Eurasie (trip qui n’aura été que de 8 mois, Covid oblige). Elles se suivent toutes chronologiquement selon notre itinéraire. À vous de les lire dans l’ordre qui vous plaît. Bonne lecture!
Santorini
Quelques heures suffirent pour que nous passions d’un enchantement des plus pur à un désenchantement des plus déstabilisant.

Je sais que je vais choquer la plupart de vos souvenirs ou de vos rêves… mais Santorini aura été unanimement un mauvais séjour pour nous trois.
Oui, nous avons de magnifiques photos. Mais c’est tout et c’est bien ça le cœur de notre dégoût.



Ce qu’on voit sur la majorité des clichés associés au mot-clé « santorini », c’est Oia et Fira, les 2 villes principales de l’île, sculptées à flanc de falaises et surplombant un cratère (caldeira) sous-marin.
Nous n’avons visité que Oia.


En dehors de ces clichés de carte postale, qui sont, on va s’le dire, carrément époustouflant, Santorini, à mon sens, n’est qu’une gigantesque trappe pour touristes.


Il est vrai que le tourisme est partout, mais honnêtement, une limite décente s’impose pour que l’activité reste plaisante pour celui qui visite.

Or, Santorini a franchi cette ligne avec une enjambée de géant.
Je m’explique.
L’arrivée
Le désenchantement a commencé sur le ferry nous amenant de Naxos à Santorini. On nous ordonne de descendre à la cave du bateau, sur le quai de chargement et on nous entasse comme du bétail devant la porte fermée, alors que le bateau est encore en mouvement.
Il fait chaud, ça pu, il fait sombre, c’est humide, bruyant, stressant, on nous crie dessus, la fébrilité humaine est à son comble, les gens se bousculent avec énervement…
Recette parfaite pour exalter un mal de mer déjà bien installé.
La porte s’ouvre. Panique générale.
À ce moment je peux clairement imaginer l’horreur d’une scène d’évacuation… À cet instant, je suis sur le Titanic en naufrage… bon ok, l’exagération est clairement un effet secondaire du mal de mer + stress + manque d’air (je suis un tantinet claustrophobe quand même) + la proximité avec tous ces étrangers stressés se bousculant pour atteindre la lumière…
Toujours une question de perception vous allez me dire. Oui, absolument. Et ce récit est la transcription de MA perception, et après discussion avec mes 2 acolytes de voyage, la leur également.
Bref, tout ça pour dire qu’on finit par sortir de cet enfer, pour immédiatement, sans répit aucun, entrer dans un second enfer, tout aussi traumatisant.
Le débarquement
Une fois sur terre, mes pas ballotent encore sur le ciment du quai comme si nous étions encore sur l’eau… Par chance que nous étions escortés par le troupeau de touristes qui avance, bien cordé, au son des sifflets et des cris autoritaires des employés du port. Je crois que mon corps aurait continué d’avancer même si mes pieds avaient refusé de bouger tant la foule était serrée.
Mon seul but étant de ne pas perdre de vu l’ado et ma mère. On se faufile tant bien que mal un chemin vers le bord de la foule pour réussir à en sortir.
Ouffff, que nos faces se disent quand enfin nous avons la chance de prendre un break sur le côté de cette vague humaine.
Le harcèlement
Évidemment, ce « break » fut aussi long qu’une simple expiration, car aussitôt sorti du lot que nous sommes assaillis par des vendeurs de supposés taxis.
On me pousse vers le patron de la business, on nous dit que c’est le seul moyen de sortir du port, on me vend le trajet pour 50 euros en me garrochant une « facture » avec écrit en gros 50 E dessus…
Je refuse. Agacé, le dude méprisant me dit alors 30 euros, prix final. Exténuée dans tous les sens possibles de ce mot, j’accepte pour en finir.
Chose réglée, on nous tasse de côté, pour ne pas gêner l’appâtage d’autres touristes et un autre dude arrive pour cueillir l’argent. Je ne fouille clairement pas assez vite dans mon change, car il décide de se payer lui-même en arrachant la somme de mes mains.
Même pas eu le temps de réagir qu’on nous criait de suivre un autre dude pour attraper ledit taxi.
La course
On se met donc à courir pour ne pas perdre de vue le gars qui s’engage dans une course contre la montre, dans la foule encore assez dense.
Comble de malheur, le manager de taxi est un ti peu pas grand… ce qui fait que dans une foule bien peuplée, on le perd tsé!
Par réflexe, on suit un autre touriste qui semblait suivre le même petit monsieur… Évidemment, on finit par se perdre, car l’autre touriste en question suivait aussi un touriste qui semblait suivre le ti monsieur…. C’était écrit dans le ciel.
Ça y est, on panique. On court dans tous les sens sous un soleil de midi, typiquement grec (de plomb), lourdement vêtus de nos attirails de backpackers.
Ma mère a soudain l’idée de génie d’apostropher un policier, clairement inutilement parké sur le coin de la rue et qui observe la scène, surement avec amusement. Il nous aide quand même en nous escortant jusqu’au dit taxi, qui est en fait un minibus.
Fin de cette épopée hautement marquante.
Photo ci-bas: une douceur de paysage idyllique juste pour tempérer un peu l’histoire.

Il est vrai que nous avons commencé notre périple sur cette île populaire d’un mauvais pied. Reste que la suite de notre séjour ne vint pas rehausser l’impression du départ.
En effet, les gens sur l’île étaient secs, agacés, désabusés, voire même dégoûtés de ce que nous représentions, c’est-à-dire des touristes de masse. On nous criait dessus dans le bus lors de nos déplacements, on ne nous regardait même pas lors de nos achats au mini-market, etc. On ne se sentait pas bienvenue, disons.
Et puis, entre les deux villes bucoliques, le paysage était triste, abandonné, coloré de déchets et emprunté par des centaines de bus bondés de touristes.
Photo ci-bas : encore une prise incroyable de Oia.

Le vol
Et puis, il y a eu ce vol, qui a fini de nous achever la joie de vivre. La caméra Gopro était dans le petit sac à dos de Jérémy dans le ferry et elle ne s’y trouvait plus après notre arrivée sur Santorini. Une belle cerise sur un gros sundae fondant au soleil !!
Dans toute cette histoire, je suis triste d’avoir contribué à un tourisme de masse qui détruit clairement ce lieu et ses habitants. Trop c’est comme pas assez.
Perissa
Notre hébergement était à Perissa, tout petit village sur la côte sud de Santorini.

Plage de sable noir, ruelles entourées de falaises rocheuses, longue promenade longeant la mer et offrant diverses occasions de savourer les spécialités culinaires locales.
Nous avons apprécié ce petit bout calme de l’île.


En route vers notre hébergement.

Découverte d’un mets typique : dolmas, feuille de vigne farcies de riz. Un délice!

N.B. Notez que toutes les photos de ce blogue sont miennes et ne sont pas libres de droits.
6 réponses
J’y suis allée l’an dernier en mai et j’y eu exactement la même impression, une ville carte postale sans âme et attrape touriste. Par chance nous y étions en mai donc en début de saison, les gens étaient pas encore tannés des touristes… par la suite nous sommes allés à l’ile de Paros que nous avons adorés.
Bonne suite!!!
Ahhhh que je comprends. Je déteste les foules mais nettement l’ile de Santorini n’est pas un endroit isolé, je suis tout à fait d’accord. J’étais epuisé juste en lisant ton périple. Enfin, la petite ville D’Oia est superbe et magnifique même avec les xzillions de touristes. Et cette popularité est causé justement par nous les visiteurs mais je dois dire que mon plus beau souvenir de la Grèce est justement à Oia dans un très beau restaurant sur le toit d’un immeuble avec un paysage à couper le souffle. Je dégustais ma salade grecque avec un bon verre de vin et j’aurais voulu que le temps s’arrête. Et là on oublie tous les petits désagréments 😊
Merci Isabelle de partager vos aventures xx
Se contenter d’une escale à Oia, c’est un peu mince pour découvrir les secrets de cette ile magnifique, peut-être en cherchant à sortir des sentiers battus. Des restos perdus sur le bord des routes, le site archéologique d’Akrotiri, la red beach, Palea Kameni… Ne vous contentez pas de la carte postale et faites l’effort d’aller un tout petit peu plus loin, ça le mérite, et pour ma part, je n’en suis pas revenu déçu !
When someone writes an post he/she keeps the idea of a user
in his/her mind that how a user can be aware of it.
Therefore that’s why this article is great. Thanks!
Lors d’un voyage en Gréce en mars 2023, j’avais pensé faire l’impasse sur Santorin, à cause du surtourisme. C’aurait été une erreur. Nous avons logé à Thira, dans un logement tenu par un couple grec très sympathique, couple qui nous ont beaucoup aidé lorsque ma conjointe s’est cassé le poignet! Hors-saison, il y avait de nombreux touristes au centre-ville, mais c’était à peu près le seul lieu. Je garde le souvenir de superbes randonnées, où nous avons croisé très peu de touristes sur les sentiers de Thira à Oia, de l’ancienne Thira vers Kamari, etc. Magnifiques musées à Thira et Akrotiri, croisière au tarif très raisonnable dans la caldera, avec arrêts à Nea Kameni et Thirassa. Il y a bien sûr l’arnaque des taxis, qui chargent 40 euros pour rouler les quelques kilomètres entre l’aéroport et Thira, mais nous avons privilégié l’autobus, qui coûte environ un euro pour le même trajet. Bref, quatre magnifiques journées qui se sont révélées un peu courtes pour profiter des richesses géographiques et culturelles de l’île. Mais je n’y retournerais pas en haute ou même moyenne saison.
Note: dans ce voyage, nos îles préférées ont été, dans l’ordre, Hydra et Patmos.
Merci beaucoup pour votre commentaire!
Je trouve effectivement important d’avoir d’autres avis. Car cet article n’est que mon impression teintée de ma perception. Si j’y avais séjourné à un autre moment ou dans un autre contexte, il se peut que mon expérience aurait été tout autre.