Pays visité du 31 décembre 2019 au 2 février 2020
Quarante-cinquième chronique de notre 14 mois en Eurasie (trip qui n’aura été que de 8 mois, Covid oblige). Elles se suivent toutes chronologiquement selon notre itinéraire. À vous de les lire dans l’ordre qui vous plaît. Bonne lecture!

Réflexion
Assise sur le toit je vis Katmandou simplement.
L’environnement sonore tourne autour sans répit, me divertissant le songe à coup de chant de coq, de klaxons, de chiens s’engueulant, de musiques traditionnelles et de clochettes de prière.
Le smog me cache la spectaculaire vue des montagnes au loin, mais je capte leur immuable présence. Le décor visuel surchargé se laisse observer à l’infini, découvrant sans cesse de nouveaux éléments telle une page du légendaire livre Où est Charlie.
Et que dire des odeurs! Se bousculent à mes narines des effluves de fritures épicées, d’encens et de gazoline.
Je suis là, je profite de la vie dans l’immobilité, dans l’observation, juste en étant, en existant corps et âme dans cet instant, dans le présent.
Soudain une vague d’anxiété me submerge avec violence. Ma quiétude disparaît, mon cœur se défend avec rythme. Mon mental vient de se souvenir qu’il n’est pas convenable de ne rien faire, de ne pas consommer le voyage si durement gagné.
Il faut visiter qu’il me dit. Il faut découvrir les alentours, les villes autour, les musées, les temples, les trucs touristiques ou non, mais il faut bouger qu’il me dit.
Ah, mais non que je rétorque vivement! C’est vrai que le touriste commun performe dans l’accumulation de sites visités et de clichés instagram frôlant le ridiculement parfait. Et si voyager n’était pas que ça? Et si voyager c’était plutôt le contraire? S’arrêter, voir moins pour vivre plus?
Je ne pensais aucunement que cette foutue pression de la performance allait me suivre si loin dans le monde. Hélas, elle est en moi, elle fut inculquée par les apprentissages de la vie en société.
À moi de la déconstruire. Car moi, de mon p’tit bout de terrasse nichée haut dans la canopée de Katmandou, je peux affirmer que je vois la vie d’ici, telle quelle est vécue. Je voyage à travers ce quotidien qui compose réellement ce pays, à petite échelle certes, mais je me permets cette découverte qui demande l’immobilité.
Avec respect je me laisse attendrir par cette grand-mère qui discute avec sa petite-fille, sur le toit voisin. Cette petite fille tout heureuse de porter une belle robe et qui danse comme une princesse tout en papotant avec sa grand-maman.
Plus bas en diagonale, je vois un monsieur qui prend soin de ses plantes avec douceur. Sa terrasse est d’ailleurs bien garnie de couleurs et de verdure.
Et complètement en bas, les jeunes sont à l’école, dehors, au soleil avec leurs cahiers, bien concentrés.
Je contemple les drapeaux de prière flotter suavement, les vêtements sécher par dizaines, les oiseaux et parfois les aigles survoler les toits. Et puis la petite fille qui saute sur sa grand-maman à grand coup d’amour pour lui faire un trop mignon gros câlin… Sans oublier cet éleveur de canard et de poulet juqué au sommet d’un building, juste là devant le mien.
Donc à cette performance boulimique qui nous pousse à toujours trop en faire, je lui dis non. Je refuse cette vitesse de vie qui nous amène à survivre jusqu’à la maladie et trop souvent la mort. Je démissionne de ce poste débilitant pour revenir à la lenteur de vivre simplement, doucement.
J’accepte consciemment de voir moins pour ressentir plus, de découvrir moins de lieux pour découvrir plus de détails subtils. Car, pour moi, au final, ce sont ces petits moments banals qui me charment, ce sont ces petites miettes de vie qui composent mes souvenirs les plus précieux.

C’est donc en 18 jours au total que j’ai parcouru Katmandou, entre pollution et couleurs vives, entre religions et croyances.
Voici les lieux que nous avons visités.
Durbar Square








Swayambunath
Temple des singes (bouddhiste). Ce fut une 2e visite pour moi, la première fut avec mes amis indiens (lire l’article Un jour de l’an à Katmandou).







Bodhnath
Autre temple bouddhiste avec un énorme stupa.


Tout autour de cet énorme stupa, les gens se promènent et font tourner les moulins à prières.


Pashupatinath
Temple hindou. On peut y voir des crémations le long du fleuve Bagmati et les emblématiques sâdhu, ascètes hindous (photo ci-bas).


Lors de notre présence en ce lieu sacré, d’une façon absolument inattendue, un cortège de gens transportant en silence le corps d’une défunte passa juste à côté de nous. Un profond respect me submergea et une vague d’émotions tout enchevêtrées me serra le cœur. Je suis restée là de longues minutes, en silence, à observer le dépôt du corps sur le bûcher et la famille entourer avec amour l’être cher. Ce rituel minutieux de préparation pour l’autre monde m’a touché, ébranlé même.
Photos ci-bas : par respect, je n’ai pas photographié la défunte, évidemment. Mais j’ai eu le temps de prendre quelques clichés de l’endroit où se déroulent les crémations en l’absence de corps et de familles endeuillées.



Je vous laisse sur une photo, prise sur le vif, que j’aime vraiment beaucoup. Deux belles personnes que j’ai rencontré au Népal. Plein de fous rire, de repas partagés et de moments cocasses. L’ado et moi sommes très reconnaissants d’avoir eu la chance de croiser vos routes!

À suivre : Chitwan et sa jungle
Vous aimerez rigoler tout en voyageant à travers nos chroniques d’aventures!
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N.B. Notez que toutes les photos de ce blogue sont miennes et ne sont pas libres de droits.
2 réponses
Hey very nice blog!
je viens de découvrir votre site par “les voyageuses du Québec “ car je cherchais des infos pour mon voyage au Népal en octobre 2022. Cela complète énormément tout ce que j’ai pu lire sur ce pays. Je voyage toujours seule ou presque mais là, peut-être qu’un de mes petits-fils viendra avec moi car il veut apprendre à voyager dans mon style. J’ai appris à avoir le droit de ne rien faire par mes nombreuses années à vivre en Polynésie française.
Merci pour tous ces renseignements.